Le mouvement
Apprendre la paix à une génération née dans la violence
Né en Casamance d'un conflit de vingt-trois ans, Génération Non Violente transmet une pensée simple et exigeante : on peut s'opposer sans détruire.
Notre histoire
D'où vient le mouvement
Le mouvement ne s'est pas décidé un matin : il répond à une guerre de vingt-trois ans, et à ce qu'elle a laissé derrière elle.
1982
Le conflit éclate en Casamance
Un mouvement indépendantiste entre en confrontation avec les forces gouvernementales. Ce qui commence comme une revendication politique devient une guerre de vingt-trois ans dans une région rurale, au sud du Sénégal.
1982-2005
Des villages rayés, des champs minés
Des vies perdues, des villages dépeuplés, des terres devenues inexploitables à cause des mines, des familles séparées. Plus de vingt mille personnes se réfugient en Gambie et en Guinée-Bissau, dont une majorité de femmes.
2005
Un cessez-le-feu, mais « ni paix ni guerre »
Les armes se taisent sans que la paix s'installe. Une génération entière a grandi en ne connaissant que la violence comme moyen de régler un différend. C'est de ce constat que naît l'idée du mouvement.
2009
Le Centre de Recherche et de Formation
Dix-sept jeunes français et vingt-et-un jeunes sénégalais, gambiens et bissau-guinéens réhabilitent une ancienne école pour en faire un lieu d'éducation à la paix. Le mouvement a désormais un point d'ancrage.
2019
Génération Non Violente devient une ONG
En septembre, le mouvement fondé par l'Abbé Camille Joseph Gomis obtient le statut d'organisation non gouvernementale. Une section française se constitue pour relayer l'action et soutenir les formations.
2025
La Caravane de la Paix
Du 7 au 24 janvier, une caravane traverse la France, l'Espagne, le Maroc, la Mauritanie et le Sénégal, de Clisson à Ziguinchor. Elle porte le message du mouvement sur près de six mille kilomètres.
Notre vision
Ce que nous enseignons
La non-violence ne s'improvise pas devant un conflit : elle s'apprend avant, comme on apprend à lire.
Éduquer les enfants et les jeunes à la non-violence active, sans distinction d'origine, de religion ou de sexe.
Donner des outils concrets de résolution des conflits, utilisables à l'école, au travail, dans la famille et le quartier.
Sensibiliser aux effets de la violence sur ceux qui la subissent comme sur ceux qui l'exercent.
Promouvoir la dignité de chacun, la communication et le dialogue comme premiers réflexes.
Impliquer les adultes : sans leur soutien, l'engagement des jeunes ne tient pas.
La pensée du mouvement
Cinq mots pour comprendre
Face à un conflit, il existe cinq réponses possibles. Les distinguer, c'est déjà commencer à choisir.
1 / 5Une impasse
Violence
Détruire l'autre pour régler le conflit.
Frapper, humilier, exclure, détruire. C'est la réponse qui met fin au conflit en supprimant celui qui s'y oppose. Elle paraît efficace parce qu'elle est immédiate, mais elle fabrique la blessure qui nourrira le conflit suivant.
2 / 5Une impasse
Contre-violence
Répondre au coup par le coup.
C'est la violence qui se croit juste parce qu'elle vient en second. Elle se justifie toujours — « il a commencé » — et c'est précisément ce qui la rend inarrêtable. Chaque camp a raison de frapper, et le cycle ne s'achève plus. La Casamance en a vécu vingt-trois ans.
3 / 5Une impasse
Passivité
Subir sans rien dire, et appeler ça la paix.
C'est le contresens le plus fréquent sur la non-violence. Se taire devant l'injustice n'est pas être non-violent : c'est laisser la violence agir sans résistance. La passivité protège celui qui frappe, jamais celui qui reçoit.
4 / 5Ce que nous enseignons
Non-violence
Refuser la violence sans renoncer au combat.
C'est une action, pas une abstention. On s'oppose, on dit non, on résiste — mais sans détruire l'adversaire. La non-violence active cherche à faire céder l'injustice tout en laissant à l'autre la possibilité de changer. C'est plus exigeant que de frapper, et c'est ce que GNV enseigne.
5 / 5Ce que nous enseignons
Médiation
Faire entrer un tiers pour rouvrir la parole.
Quand deux camps ne peuvent plus se parler, un tiers reconnu par les deux rétablit le dialogue. Il ne tranche pas : il permet à chacun d'entendre ce que l'autre a vécu. C'est le rôle des comités d'écoute que l'association installe dans les villages.
Signes distinctifs
Ce que portent nos membres
Un mouvement se reconnaît à ce qu'il porte. Chaque signe rappelle un engagement plutôt qu'une appartenance.
Le bracelet
Gravé « Génération Non-Violente », il se porte au poignet — la main qui construit au lieu de détruire. Sa couleur marque l'avancée du membre dans son engagement.
L'écharpe
Aux couleurs de l'arc-en-ciel, elle se porte lors des engagements et des rassemblements. L'arc-en-ciel suit l'orage : c'est l'image même de ce que le mouvement cherche.
La carte de membre
Remise dès dix-huit ans, elle mentionne le niveau atteint. Elle atteste d'un engagement vérifié sur le terrain, pas d'une simple inscription.
La charte
Quatre engagements que chaque membre accepte : porter le bracelet en permanence, agir en non-violence, promouvoir le mouvement, refuser l'indifférence.
Le serment
Je renonce à la violence en tout temps, en tout lieu et en toute circonstance. Je m'engage à résoudre les conflits sans détruire celui qui s'oppose à moi. Je témoignerai de ce que j'ai appris pour que ce mouvement grandisse, avec l'aide de Dieu et le soutien de mes frères.
Ce serment vous parle ?
L'adhésion n'est pas une formalité : c'est un engagement vérifié sur le terrain, et une progression qui se mérite.
